9 juin 2021 – Israël devient le premier pays à interdire le commerce et l’utilisation de toute fourrure animale pour la confection de vêtements

Peureux F., 9 juin 2021 – Israël devient le premier pays à interdire le commerce et l’utilisation de toute fourrure animale pour la confection de vêtements, Animal Rights Timeline, 5 août 2022, https://animalrightstimeline.com/20ejc.

Suite à l’annonce de la ministre de la Protection de l’Environnement Gila Gamliel, Israël est devenu le premier pays à interdire le commerce et l’utilisation de toute fourrure animale pour la confection de vêtements. 45 ans après l’interdiction de l’élevage d’animaux pour leur fourrure sur le territoire, cette avancée a été possible grâce aux efforts des associations de protection animale et le soutien de 90 % de la population israélienne.

Le 9 juin 2021, Israël a interdit par décret ministériel le commerce et l’utilisation de toute fourrure animale pour la confection de vêtements, devenant le premier pays à adopter une législation aussi stricte, a annoncé le ministère de la Protection de l’Environnement [1][2]. Israël avait déjà interdit l’élevage d’animaux pour leur fourrure en 1976 et cette interdiction de commerce et d’utilisation était soutenue par le président israélien Reuven Rivlin, le Premier ministre Benyamin Netanyahou, de nombreux rabbins et 90 % de la population israélienne [3].

“Le commerce de fourrure animale, import et export, sera interdit sauf pour les besoins de la recherche, de l’enseignement et de certaines traditions religieuses”, a indiqué le ministère israélien de la Protection de l’Environnement dans un communiqué [4], précisant que l’interdiction entrera en vigueur six mois plus tard. “L’industrie du commerce de la fourrure provoque des souffrances inimaginables aux animaux et ce décret rendra l’industrie de la mode israélienne plus respectueuse de l’environnement et des animaux”, a affirmé Gila Gamliel, citée dans le communiqué, ajoutant que “L’industrie de la fourrure provoque le massacre de millions d’animaux dans le monde et implique une cruauté indescriptible. Utiliser la peau et la fourrure d’animaux sauvages pour l’industrie de la mode est immoral et inutile”.

Ce décret vient modifier le “Règlement pour la protection des animaux sauvages” qui autorisait encore la vente de fourrure dans certaines circonstances [5]. Il comporte encore quelques exceptions mais l’interdiction devient la norme.

Le décret précise que les exceptions concernent le commerce de fourrure animale “à des fins religieuses, à des fins d’enseignement ou d’éducation, à des fins d’enquête ou d’application de la loi ou à des fins d’importation ou d’exportation personnelles selon les termes d’un testament personnel”. Les “fins religieuses” concernent l’importation de “Shtreimels”, des chapeaux de fourrure animale portés par des hommes Haredi (souvent appelés juifs ultra-orthodoxes) durant le Shabbat et les jours fériés. Or ces coiffes, fabriquées à partir de queues de zibelines et de renards, constituent la majorité de la fourrure portée en Israël. Pour continuer à les obtenir, les importateurs devront désormais demander des permis spéciaux qui seront accordés par le directeur de l’Autorité israélienne de la nature et des parcs.

Dans une lettre datée du 19 octobre 2020 et diffusée par le ministère [6], Pamela Anderson s’etait réjouie de cette avancée prévue par la ministre de la Protection de l’Environnement Gila Gamliel : “En tant que directrice honoraire de People for the Ethical Treatment of Animals (PETA) et au nom de mes amis de la Coalition internationale contre la fourrure, je tiens à vous remercier d’avoir proposé un amendement à la loi sur la protection des animaux sauvages qui interdirait la vente de fourrure. Votre initiative contribuera à protéger des millions d’animaux chaque année qui, sinon, seraient matraqués, électrocutés ou écorchés vifs pour leur fourrure” [7].

À l’annonce du décret, Ingrid Newkirk, présidente de PETA, a déclaré que “Israël vient d’entrer dans l’histoire et d’enfoncer un nouveau clou dans le cercueil de l’industrie cruelle de la fourrure” [8]. Jane Halevy-Moreno, directrice de la Coalition internationale contre la fourrure (IAFC) qui a largement contribué à cette avancée, a quant à elle qualifié ce décret de véritable “geste historique”, ajoutant qu’elle était “fière” et “reconnaissante” qu’Israël “ait choisi la justice morale, l’éthique et la compassion plutôt que les profits, les intérêts politiques et la cupidité”.


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Notes et références

Notes et références
1, 5, 6 Israeli Ministry of Environmental Protection, Ban on animal fur sales! Minister of Environmental Protection Gila Gamliel signs regulations forbidding trade in usage of furs for fashion industry in Israel, 9 juin 2021.
2 Plusieurs pays ont déjà instauré des interdictions partielles de commerce de la fourrure, notamment pour des espèces particulièrement menacée, comme le phoque. L’interdiction totale du commerce de fourrure n’est en vigueur qu’à l’échelle de certaines villes, comme Sao Paulo au Brésil ou encore dans l’État de Californie. L’Inde a déjà passé une règlementation similaire à l’échelle du pays, mais seulement pour les peaux de vison, de renard et de chinchilla.
3 International Anti-Fur Coalition, Jewish Religion & Fur.
4 Ministère israélien de la Protection de l’Environnement, Communiqué sur la régulation du commerce de la fourrure.
7 Ministère israélien de la Protection de l’Environnement, Lettre de Pamela Anderson, 19 octobre 2020.
8 PETA, Historic Victory for Animals: Israel Becomes First Nation to Ban Fur, 9 juin 2021.
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